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Les frappes sans appel : une stratégie de défense
« Ne pas confondre légitime défense et défense légitime »
Frapper sans appel consiste à attaquer en premier, ce qui peut sembler contraire au principe de légitime défense.
Cependant, dans certaines situations, cela peut être nécessaire pour assurer sa sécurité.
Une frappe sans appel est déclenchée lorsque toutes les autres tentatives de désamorcer le conflit ont échoué et que l’agresseur est proche, menaçant et que son attaque est en cours ou imminente. Cela peut inclure :
- des menaces verbales,
- des signes non verbaux d’attaque imminente,
- des mouvements préparatoires,
- le fait que l’agresseur saisisse un objet.
Dans de telles situations, il est préférable de passer à l’action pour sa propre sécurité. Cela peut impliquer de créer une distance de sécurité ou de frapper l’agresseur.
L’accent est mis sur l’effet de surprise, car les coups ne doivent pas être annoncés.
On dit qu’ils sont donnés sans appel, c’est-à-dire sans mouvements préparatoires.
Par exemple, pour un coup de poing, la main doit partir en premier, suivie du corps pour générer de la puissance. Faire un appel, comme bouger l’épaule en premier ou reculer le bras avant de frapper, signale à l’agresseur que le coup va partir et lui donne la possibilité de se défendre
Pourquoi la « Pause » est votre meilleure arme tactique
À l’entraînement, vous m’entendez souvent donner cette consigne : « Stop ! Marquez une pause entre vos actions. »
Pour un débutant, cela peut paraître contre-intuitif. On imagine souvent que la self-défense est une question de vitesse pure ou de réflexes explosifs. Pourtant, dans la réalité d'une agression, la technique sans analyse n'est que du vent.
Pour ne pas être un simple "automate", nous utilisons un outil issu de la stratégie militaire : le Cycle de Boyd, ou Boucle OODA.
Comprendre la Boucle OODA
Développé par le colonel John Boyd, ce concept explique comment nous traitons l'information sous stress. Chaque confrontation est une succession de cycles composés de quatre étapes :
1. OBSERVER : C'est la phase de scan. Que fait l'adversaire ? Où sont ses mains ? Y a-t-il un complice ? Où est la sortie la plus proche ?
2. S'ORIENTER : C’est l'étape la plus cruciale. Votre cerveau analyse l'observation en fonction de votre environnement, de vos capacités et du danger immédiat. C’est ici que vous déterminez si la menace est réelle ou si l'agresseur change de posture.
3. DÉCIDER : Sur la base de l'analyse, vous choisissez une option (frapper, fuir, désescalader, saisir).
4. AGIR : Vous exécutez l'action technique.
Pourquoi je vous impose des « pauses » à l’exercice ?
La "pause" que je vous demande de marquer entre deux enchaînements n'est pas un arrêt de l'action, c'est un temps de traitement cognitif. Voici pourquoi elle est indispensable à votre progression :
1. Briser la "vision tunnel"
Sous l'effet de l'adrénaline, notre champ de vision se rétrécit. En forçant une pause, vous obligez votre cerveau à "raccrocher" à la réalité. Vous sortez de la répétition mécanique pour redevenir acteur de la situation.
2. Muscler la phase d'Orientation
Agir sans s'orienter, c'est prendre le risque de frapper dans le vide ou de ne pas voir un couteau sortir. La pause permet de vérifier : "Est-ce que mon action a eu l'effet escompté ? L'adversaire est-il toujours une menace ?"
3. "Bloquer" le cycle de l'adversaire
En combat, l'objectif est de parcourir sa boucle OODA plus vite que l'autre. Si vous êtes capable d'analyser et de changer de tactique pendant que l'agresseur est encore en train de comprendre ce qui lui arrive, vous avez gagné.
